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9.19.2026

Les médecins

Les médecins se déplaçaient souvent à pied et montaient souvent les étages. Je me souviens qu’une fois j’avais été malade et maman a demandé au médecin qui passait par là, de lui faire une ordonnance sur le trottoir qu’il a acceptée de faire car il me connaissait déjà et ma mère lui avait décrit les symptômes de ma maladie.
 
A l'époque nous étions soignés par des gargarismes, du bleu de méthylène, des cataplasmes, des ventouses, des suppositoires.
Ca ne pouvait pas soigner les maladies très graves. La médecine a tout de même fait des progrès mais ça nous suffisait.
 
Maintenant nous croulons sous la paperasserie.

9.11.2026

Souvenirs d'après-guerre

Après la Libération, c’était la grande euphorie. On a retrouvé nos petits commerces et de bonnes choses à manger (comme le pain blanc) même si les tickets de rationnement ont duré encore quelques temps. Il fallait aussi reconstruire le pays, et il y avait donc du travail pour tout le monde. A l’école on nous faisait miroiter la vie future où il n’y aurait plus de famine : on aurait, par exemple, des pommes et des tomates identiques (taille et couleur). Les téléviseurs et les voitures seraient devenues abordables pour tous. A cause de tout ce qu’on nous en racontait, nous étions émerveillés par tout ce qui nous attendait…
Il y avait des écoles partout même dans les petites localités où tous les enfants pouvaient y aller à pied. Dans les villages il y avait parfois qu’une seule école regroupant plusieurs classes. Comme il y avait peu d’élèves, ceux qui étaient en charge de les instruire n’avaient aucun problème pour se faire obéir. En plus des matières comme le français, les mathématiques, l’histoire-géo, on nous enseignait la morale et la discipline (ce qui n’existe plus maintenant). Les enfants savaient écrire, lire et compter. Je possède encore des courriers écrits par mon père et mon oncle paternels dans lesquelles on ne peut que constater qu’ils avaient de très belles écritures et qu’ils ne faisaient pas de faute d’orthographe. - Nota : entre l’éducation donnée à mon père et à son grand frère, il n’y avait pas de réformes scolaires… ma génération a étudié de la même façon qu’eux.
 
Ce qui est très différent de maintenant où les jeunes ne savent plus compter s’ils ne possèdent pas une calculatrice au minimum (maintenant c’est disponible sur leur smartphone).
 
Les filles les plus grandes se coiffaient avec des « choupettes ». Elles peignaient des bas sur leurs jambes. Elles se faisaient des corsages avec de la toile de parachute.
 
Les supermarchés n’existaient pas encore et nous allions faire nos achats dans les différentes boutiques. Quand les supermarchés sont apparus, quand nous avons pu nous acheter des voitures etc, nous n’étions plus aussi heureux qu’avant.
 
A l’arrivée des postes de télévision, notre vie à basculer, les gens n’allaient plus au bistrot y rencontrer des amis, avoir une vie sociale en jouant aux cartes, par exemple, ou en se rassemblant pour papoter entre amis, mais restaient devant leur poste. C’est ainsi que toute la vie familiale a été détruite.

9.04.2026

Souvenirs d'avant-guerre

Lorsque j’étais petite, je trouvais normal que les enfants jouent dans les rues en courant d’une porte cochère à une autre. Hélas, je n’avais pas le droit de jouer ainsi. Je trouvais normal de croiser des attelages avec des chevaux qui livraient du charbon, de la glace…
 
On n’avait pas encore la TV évidemment, et seulement la radio qui bafouillait. Il y avait Jane de Souza et Raymond Souplex qui critiquaient le gouvernement sur le banc. A l’époque nous n’étions pas censurés, la TV n’existait pas non plus. On pouvait aller au cinéma où il y avait les informations, un dessin animé, un entracte pendant lequel nous pouvions rester assis à regarder de la publicité, et un film pour clôturer la soirée.
 
Les maisons où se trouvaient les logements avaient leur fenêtres grillagées afin d’éviter que les enfants ne tombent dans les cours dans lesquelles, de temps en temps, un chanteur venait y chanter qui permettait ainsi que nous soyons au courant des dernières publications musicales (tubes que nous dirions à notre époque). On lui envoyait des pièces emballées dans du papier pour qu’il puisse les ramasser facilement.
 
Le facteur passait deux fois par jour. C’était notre seul moyen de communication.
Les éboueurs ramassaient les poubelles, dans lesquelles il y avait deux fois rien que nous jetions, une fois par jour.
Quand nous allions faire nos courses, nous prenions un sac à provision dans lequel nous mettions des bouteilles vides en verre. On nous vendait les pommes de terre en vrac, par exemple. On pouvait acheter seulement la quantité que nous voulions (à l’unité donc), par exemple : 2 petits-suisses. Le pain étant vendu au kg, nous pouvions acheter 250 g de pain. Le lait étant vendu à la louche, nous pouvions acheter seulement 1/4l de lait. On nous faisait goûter aussi les produits, comme un fruit… en plus nous rencontrions chez le commerçant tous les habitants du quartier (ce qui tissait un lien social).
 
Dans les immeubles les rez-de-chaussée étaient des boutiques. Il y en avait plusieurs, comme le boulanger, le boucher, le charcutier, le poissonnier, le crémier. Je me souviens qu’il fallait marcher un peu pour trouver un cordonnier et un horloger. On faisait nos courses tous les jours et celles-ci, finalement, se transformaient en simple promenade quotidienne.
 
Je passe l’épisode de la guerre que j’ai déjà traitée dans un autre blog, et dont vous pouvez lire les articles en cliquant sur le lien suivant :  
 

6.20.2026

La CGT, le communisme et souvenirs

Mon premier souvenir date du jour où j’ai passé ma tête entre les barreaux de la cage d’escalier. Papa insistait pour dire qu’il n’y avait pas d’autre solution que de me couper la tête.

Je me souviens aussi d’un orage violent aux Buttes-de-Chaumont : de grosses branches tombaient et tout le monde couraient pour se mettre à l’abri.

J’ai connu les grèves de 36. Maman m’emmenait porter la gamelle de midi à papa et on la lui passait à travers les grilles des établissements Gaumont. Je revenais en pleurant parce qu’on avait mis mon papa en prison.

C’est de là que les ouvriers se sont regroupés pour former des syndicats qui, à l’époque, ont été très utiles : les heures de travail, les congés payés… cela nous a permis de prendre le train du dimanche qui emmenait les Parisiens au Tréport. C’était la première fois que je voyais la mer.

Mes parents m’ont aussi emmenée à la Fête de l’Humanité. Cela ne peut pas intéresser une petite fille, une chose pareille. Je n’ai rien retenu (d’ailleurs on me l’a raconté) sauf les chants ; je suis rentrée en chantant : « C’est la Lune au village »

Les médecins

Les médecins se déplaçaient souvent à pied et montaient souvent les étages. Je me souviens qu’une fois j’avais été malade et maman a demandé...