Lorsque j’étais petite, je trouvais normal que les enfants jouent dans les rues en courant d’une porte cochère à une autre. Hélas, je n’avais pas le droit de jouer ainsi. Je trouvais normal de croiser des attelages avec des chevaux qui livraient du charbon, de la glace…
On n’avait pas encore la TV évidemment, et seulement la radio qui bafouillait. Il y avait Jane de Souza et Raymond Souplex qui critiquaient le gouvernement sur le banc. A l’époque nous n’étions pas censurés, la TV n’existait pas non plus. On pouvait aller au cinéma où il y avait les informations, un dessin animé, un entracte pendant lequel nous pouvions rester assis à regarder de la publicité, et un film pour clôturer la soirée.
Les maisons où se trouvaient les logements avaient leur fenêtres grillagées afin d’éviter que les enfants ne tombent dans les cours dans lesquelles, de temps en temps, un chanteur venait y chanter qui permettait ainsi que nous soyons au courant des dernières publications musicales (tubes que nous dirions à notre époque). On lui envoyait des pièces emballées dans du papier pour qu’il puisse les ramasser facilement.
Le facteur passait deux fois par jour. C’était notre seul moyen de communication.
Les éboueurs ramassaient les poubelles, dans lesquelles il y avait deux fois rien que nous jetions, une fois par jour.
Quand nous allions faire nos courses, nous prenions un sac à provision dans lequel nous mettions des bouteilles vides en verre. On nous vendait les pommes de terre en vrac, par exemple. On pouvait acheter seulement la quantité que nous voulions (à l’unité donc), par exemple : 2 petits-suisses. Le pain étant vendu au kg, nous pouvions acheter 250 g de pain. Le lait étant vendu à la louche, nous pouvions acheter seulement 1/4l de lait. On nous faisait goûter aussi les produits, comme un fruit… en plus nous rencontrions chez le commerçant tous les habitants du quartier (ce qui tissait un lien social).
Dans les immeubles les rez-de-chaussée étaient des boutiques. Il y en avait plusieurs, comme le boulanger, le boucher, le charcutier, le poissonnier, le crémier. Je me souviens qu’il fallait marcher un peu pour trouver un cordonnier et un horloger. On faisait nos courses tous les jours et celles-ci, finalement, se transformaient en simple promenade quotidienne.
Je passe l’épisode de la guerre que j’ai déjà traitée dans un autre blog, et dont vous pouvez lire les articles en cliquant sur le lien suivant :